Cleistocactus colademononis

Le cactus queue de singe, Cleistocactus colademononis, est sans doute le cactus à l’aspect le plus doux que la plupart des cultivateurs rencontreront jamais. Ses longues tiges retombantes pendent en cordes qui cascadent, chacune ensevelie sous un manteau d’épines fines, douces, semblables à des cheveux d’un blanc neige, que l’on peut caresser sans danger. Le nom espagnol cola de mono, queue de singe, le décrit exactement : un spécimen adulte en suspension déploie un rideau de tiges pâles de deux mètres de long.
C’est aussi l’un des rares cactus à être à la fois un incontournable du commerce horticole et un véritable endémique à aire de répartition restreinte. En culture, on le trouve partout ; il se multiplie facilement par bouturage et récompense vite le cultivateur par des fleurs éclatantes. À l’état sauvage, il n’est connu que d’une seule montagne bolivienne. Ce grand écart résume toute l’histoire de la plante, et c’est pourquoi la façon responsable d’en posséder un est de choisir un spécimen propagé en pépinière plutôt qu’un prélèvement issu de son habitat.
Le commerce continue de le vendre presque universellement sous l’ancien nom Hildewintera colademononis, et il a été ballotté entre plusieurs genres depuis sa description en 2003. Kew POWO le traite désormais comme une espèce à part entière du genre Cleistocactus, proche du Cleistocactus winteri aux poils dorés, la queue de rat dorée, dans lequel il a un temps été intégré comme sous-espèce.
Dans son habitat, la plante pend depuis des parois rocheuses humides, presque verticales, s’enracinant dans des fissures plutôt que dans le sol. Tout ce qui en fait une plante suspendue si gratifiante découle de cette vie accrochée aux falaises : elle veut retomber, elle veut un drainage vif, et elle veut de l’air autour de ses tiges velues. Réunissez ces conditions et les fleurs rouge magenta suivront au printemps et en été.
Cleistocactus colademononis, fiche rapide
Une plante retombante des falaises, originaire d’une seule montagne bolivienne humide, cultivée presque universellement en suspension pour laisser cascader ses tiges velues. Valeurs calibrées pour des plants issus de semis en culture, tirées de l’habitat et de l’expérience de cultivateurs spécialisés.
Taxonomie et nomenclature
Le nom accepté est Cleistocactus colademononis (Diers & Krahn) Mottram, élevé au rang d’espèce en 2006. Le basionyme est Hildewintera colademononis Diers & Krahn, le nom sous lequel la plante a été décrite pour la première fois en 2003 et que le commerce utilise encore aujourd’hui. Entre les deux est apparue la combinaison Cleistocactus winteri subsp. colademono D.R.Hunt (2005), qui l’a fait redescendre au rang de sous-espèce de la queue de rat dorée. Notez le léger glissement orthographique en chemin : l’épithète de la sous-espèce de Hunt est colademono, tandis que l’épithète de l’espèce acceptée est colademononis. Cette épithète n’est autre que l’espagnol cola de mono, queue de singe, latinisé.
Parce que la plante a été ballottée entre plusieurs genres segrégés, elle porte une synonymie chargée. Au-delà des noms Hildewintera et Cleistocactus winteri subsp. colademono, elle a été combinée sous Winterocereus colademononis, Bolivicereus colademononis et Borzicactus colademononis. Kew POWO conserve tous ces noms en synonymie sous C. colademononis. Un véritable désaccord taxonomique subsiste : certains traitements continuent de faire retomber le taxon sous C. winteri plutôt que de le reconnaître comme une espèce distincte, et l’évaluation IUCN est classée sous cet ancien nom. Cette page suit POWO et privilégie le traitement en espèce à part entière, tout en faisant apparaître les noms commerciaux et de sous-espèce comme synonymes.
Au sein de Cleistocactus, un genre composé surtout de cactus colonnaires sud-américains érigés, cette espèce et la queue de rat dorée font figure d’exceptions par leur port : toutes deux retombent au lieu de se dresser, un trait qui justifiait autrefois le petit genre segrégé Hildewintera. Les membres érigés plus familiers, comme le Cierge d’argent, Cleistocactus strausii, présentent la forme en colonne plus typique. La signature commune du genre Cleistocactus est la fleur tubulaire étroite, presque fermée, et la queue de singe la porte clairement.
Habitat
Cleistocactus colademononis est endémique de Bolivie, dans la province de Florida du département de Santa Cruz, sur l’unique montagne de Cerro el Fraile, à environ 30 km à l’est de la ville de Samaipata. C’est un lithophyte : plutôt que de s’enraciner en terrain plat, il pend depuis des parois rocheuses humides, raides à verticales, ancré dans des fissures et les fins débris qui s’y accumulent. Les tiges pendent à l’air libre le long de la falaise, ce qui constitue le modèle littéral pour cultiver la plante en suspension.
L’altitude est modeste, généralement donnée entre 1 300 et 1 500 m environ, si bien que, malgré le cadre spectaculaire des falaises, il ne s’agit pas d’un cactus alpin de haute altitude et il ne doit pas être traité comme tel. Le cadre est humide pour un cactus, avec de l’humidité circulant sur les parois rocheuses, mais le port vertical fait que l’eau ne stagne jamais au niveau des racines : elle s’écoule ou s’évapore rapidement. Cette combinaison, air humide et drainage instantané des racines, est exactement ce qu’une plante cultivée a besoin de retrouver.
Ce même coin de Bolivie abrite plusieurs proches parents érigés de l’espèce, dont le Cleistocactus samaipatanus, élancé et aux fleurs écarlates, nommé d’après la région de Samaipata. Là où ceux-ci poussent en colonnes sur les pentes et parmi les rochers, la queue de singe a choisi la paroi rocheuse et le port retombant, les deux plantes apparentées répondant aux mêmes hauts plateaux secs de Bolivie par des postures opposées.
Morphologie

Les tiges sont retombantes et rampantes, se ramifiant depuis la base et atteignant environ 2,5 m de long sur une plante adulte, chacune épaisse de 3 à 7 cm. Sous les poils, le corps est vert pâle et faiblement côtelé, avec environ 14 à 20 côtes peu marquées et des aréoles espacées d’environ 3 à 6 mm. Livrée à elle-même, la plante forme une cascade de nombreuses tiges plutôt qu’une tige unique.
Le trait distinctif est la spination, qui se présente sous deux formes. Chaque aréole porte 20 à 50 épines douces, blanches, semblables à des cheveux, longues en général de 4 à 8 cm et parfois jusqu’à 12 cm, et ce sont elles les tiges-queues : assez fines pour être caressées, assez denses pour dissimuler entièrement la tige. Cachées dessous se trouvent quelques épines-soies plus courtes, de zéro à quatre et parfois davantage, pointant vers le bas et teintées de jaune, et ce sont elles qui piquent réellement. Ce manteau extérieur doux au-dessus d’une garde intérieure plus dure est ce qui rend la plante d’apparence si amicale tout en restant un cactus. Les poils se régénèrent avec le temps, si bien qu’une vieille plante reste toujours vêtue.
Les fleurs sont du Cleistocactus pur jus : étroites, tubulaires et zygomorphes, longues d’environ 7 à 8 cm, projetées presque à l’horizontale hors de la toison. La couleur va du rouge vif au magenta, un contraste franc et lumineux sur le blanc, et le tube fin convient bien aux colibris qui butinent le genre. Le fruit est une petite baie sphérique rougeâtre, de 8 à 12 mm, qui se fend en longueur en séchant, avec des graines noires légèrement incurvées d’environ 1,1 à 1,4 mm de long. Le C. strausii érigé porte un manteau blanc similaire, mais le tient sur une colonne rigide, la façon la plus claire de voir à quel point la queue de singe a évolué vers une forme suspendue.
Détail de la localité
L’espèce est endémique d’une seule montagne, Cerro el Fraile, dans la province de Florida du département de Santa Cruz, en Bolivie, à environ 30 km à l’est de Samaipata. La carte ci-dessous ne montre qu’un centroïde régional. Les coordonnées précises sont volontairement omises ici, comme il est d’usage pour un endémique à aire restreinte directement ciblé par les collecteurs.
Comme les plantes sauvages pendent depuis des parois rocheuses verticales et humides sur un seul sommet, la population mondiale totale est petite et concentrée, ce qui explique la grande prudence de son évaluation en matière de conservation. Cela signifie aussi qu’il est extrêmement simple de se procurer légitimement la plante sous forme de bouture, si bien que tout spécimen proposé sans origine cultivée clairement établie devrait être refusé par principe.
Culture
Deux réalités de la falaise gouvernent tout. La plante retombe, donc elle veut être suspendue ; et elle s’enracine dans des fissures à drainage rapide, dans un air humide, donc elle pourrit dès qu’elle reste détrempée. Un panier suspendu, un mélange minéral vif et un hiver sec couvrent presque tout le travail, ce qui explique la réputation de la queue de singe comme l’un des cactus les plus gratifiants pour un cultivateur débutant.
Substrat
Cultivez-le dans un mélange à dominante minérale et parfaitement drainant d’environ 45 pour cent de pierre ponce, 20 pour cent de granite décomposé, 15 pour cent de lave concassée et 20 pour cent de base organique pauvre en nutriments, sans zéolite, sans calcaire et sans sable siliceux. La fraction organique est plus élevée que ce que tolérerait un cactus désertique, car il s’agit d’une plante de fissure qui côtoie un peu d’humus dans son habitat, mais elle reste minoritaire dans le mélange afin que l’eau continue de s’écouler en quelques secondes. Un mélange grossier et aéré maintient aussi la circulation de l’air autour des racines à l’intérieur d’un panier suspendu, où un terreau détrempé et stagnant est la cause de mortalité la plus courante.
Chaque Cleistocactus présenté sur ce site utilise un mélange à dominante minérale, vivement drainant. En tant que lithophyte des falaises humides s’enracinant dans les débris des fissures, C. colademononis comporte une part plus élevée de matière organique pauvre en nutriments que les colonnaires du désert, tout en restant aux quatre cinquièmes minéral pour un drainage instantané.
| Espèce | Pierre ponce | Lave | Zéolite | Granite | Calcaire | Silice | Organique |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| C. colademononis (cette page) | 45% | 15% | 0% | 20% | 0% | 0% | 20% |
| C. winteri | 50% | 10% | 0% | 20% | 0% | 0% | 20% |
| C. strausii | 50% | 20% | 0% | 25% | 0% | 0% | 5% |
| C. brookeae | 50% | 15% | 0% | 25% | 0% | 0% | 10% |
| C. samaipatanus | 50% | 15% | 0% | 20% | 0% | 0% | 15% |
Arrosage et lumière
Du printemps à l’été et jusqu’au début de l’automne, arrosez selon un rythme de trempage puis d’assèchement : mouillez le substrat en profondeur, puis attendez qu’il soit complètement sec avant d’arroser à nouveau. Dirigez l’eau vers le substrat plutôt que sur les poils, qui retiennent l’humidité contre la tige et peuvent s’emmêler. En hiver, gardez la plante fraîche et largement sèche ; un repos autour de 10°C remplit un double rôle, en prévenant la pourriture et en préparant les boutons floraux de la saison suivante. Offrez-lui plein soleil à lumière très vive, idéalement en extérieur ou sous serre lumineuse, en atténuant seulement l’éclat le plus dur du midi estival. Maintenez-la au-dessus d’environ 4 à 5°C, et traitez toute incursion sous le point de congélation comme brève, à sec absolu et risquée, plutôt que comme quelque chose que la plante apprécie.
La propagation est surtout végétative et facile, ce qui est la véritable raison pour laquelle la collecte sauvage est indéfendable. Prélevez un segment de tige, laissez la coupe cicatriser pendant plusieurs jours, puis installez-la dans un mélange minéral sec pour l’enraciner ; c’est ainsi que le commerce constitue tout son approvisionnement. La graine est viable mais lente, et bien plus rare dans le commerce. Chez rarecactus.com, nous cultivons chaque spécimen à partir de graines dans notre serre, si bien que les plantes que nous proposons ne portent aucune empreinte de collecte sauvage, et les plants issus de semis conservent les proportions naturelles et la vigueur de l’espèce.
Comparaison
La plante à laquelle la queue de singe est le plus souvent comparée est sa proche parente, la queue de rat dorée, C. winteri. Les deux partagent le port retombant et l’histoire du genre segrégé, et ont un temps été traitées comme une seule espèce. La distinction la plus rapide tient à la couleur et à la texture du manteau : C. winteri porte des épines plus courtes et plus raides, dorées à jaunes, tandis que C. colademononis porte des poils plus longs, plus doux, d’un blanc pur, plus denses et plus nettement en forme de queue. Les fleurs de la queue de singe tirent aussi plus franchement vers le rouge magenta sur ce fond blanc.
Face aux membres érigés du genre, le contraste est immédiat. C. strausii, le Cierge d’argent, porte un manteau laineux blanc comparable, mais sur une colonne verticale rigide qui ne retombe jamais, et Cleistocactus brookeae est une colonne bolivienne plus courte aux fleurs orangé-rouge. C. samaipatanus, de la même région, se dresse élancé et aux fleurs écarlates. Aucun d’eux ne retombe, si bien que le port suffit à lui seul à distinguer la queue de singe du reste du genre Cleistocactus au premier coup d’œil.
Pour un acheteur, le conseil pratique est simple. La queue de singe est largement disponible à bas prix sous forme de boutures, si bien qu’il n’y a aucune raison d’accepter une plante prélevée dans la nature ou de payer trop cher pour une rareté qui n’existe pas dans le commerce. Choisissez un spécimen aux poils blancs longs, propres et denses, et aux tiges fermes et saines, et achetez la plante précise que vous voyez, car la longueur et la densité des poils varient d’une bouture à l’autre.
Questions fréquentes
Le cactus queue de singe est-il difficile à cultiver ?
Non. Cleistocactus colademononis compte parmi les cactus les plus indulgents et constitue un bon choix pour un cultivateur débutant. La seule chose qui la tue de façon fiable est l’excès d’eau : en tant que plante de falaise, elle a besoin d’un drainage vif et d’une position suspendue aérée, et elle doit rester fraîche et sèche tout l’hiver. Offrez-lui cela ainsi qu’une lumière vive, et elle poussera régulièrement et fleurira bien.
Le cactus queue de singe peut-il se multiplier par bouture ou par semis ?
Les deux, mais le bouturage est la voie habituelle et il est facile. Prélevez un segment de tige, laissez la coupe cicatriser pendant plusieurs jours, puis installez-la dans un mélange minéral sec pour l’enraciner ; c’est ainsi que le commerce la propage. La graine est viable mais lente, donc bien plus rare dans le commerce. Notre propre stock est cultivé à partir de graines en serre, ce qui conserve la forme naturelle de l’espèce.
Est-il légal de posséder le cactus queue de singe ?
Oui. Comme tous les cactus, il relève de CITES Appendix II, et non du plus strict Appendix I, de sorte que les plantes propagées en pépinière peuvent être librement possédées et échangées, avec les documents requis pour franchir les frontières. C’est aussi une plante sauvage Endangered, ce qui explique précisément pourquoi la collecte sauvage est indéfendable quand le bouturage est si facile. N’achetez que des plantes cultivées, issues de bouture ou de semis.
Où pousse le cactus queue de singe à l’état sauvage ?
Il est endémique d’une seule montagne bolivienne, Cerro el Fraile, dans la province de Florida du département de Santa Cruz, à environ 30 km à l’est de Samaipata. Il y pend depuis des parois rocheuses humides, presque verticales, à environ 1 300 à 1 500 m, s’enracinant dans des fissures plutôt que dans le sol. Cette aire minuscule et concentrée explique pourquoi il est évalué comme Endangered malgré sa fréquence en culture.
Quand fleurit le cactus queue de singe, et de quelle couleur sont ses fleurs ?
La floraison survient du printemps à l’été, généralement après un repos hivernal frais et sec qui prépare les boutons. Les fleurs sont d’étroites trompettes tubulaires longues d’environ 7 à 8 cm, d’un rouge vif à magenta, projetées presque à l’horizontale depuis les tiges couvertes de poils blancs, pour un contraste saisissant. Les plantes fleurissent une fois qu’elles ont développé une longueur de tige suffisamment mature, si bien qu’une jeune bouture peut prendre une saison ou deux.
Sources et lectures complémentaires
Diers, L. & Krahn, W. 2003. Hildewintera colademononis (original description) · Mottram, R. 2006. Combination Cleistocactus colademononis (Diers & Krahn) Mottram · Kew POWO, Cleistocactus colademononis (Diers & Krahn) Mottram, powo.science.kew.org · Hunt, D.R. 2005. Cleistocactus winteri subsp. colademono (subspecies combination) · IUCN Red List of Threatened Species, assessment carried under Cleistocactus winteri (Endangered) · Royal Horticultural Society, Cleistocactus colademononis (Award of Garden Merit) · British Cactus & Succulent Society, Cleistocactus winteri ssp. colademono cultivation notes · World of Succulents, Cleistocactus colademononis (Monkey’s Tail): morphology and care · Succulents Network, Cleistocactus colademononis care guide (light, temperature, propagation) · CITES Appendices, Cactaceae spp. listed on Appendix II (whole-family listing)
