Echinopsis scopulicola

Mature Echinopsis scopulicola
  column showing smooth dark-green epidermis, rounded 5-rib profile, and near-spineless areoles
  characteristic of the FR991 Tapecua lineage.
Spécimen adulte d’Echinopsis scopulicola montrant l’épiderme vert foncé grenu, le profil arrondi à côtes peu nombreuses et les aréoles adultes quasiment inermes qui définissent l’espèce en culture.

Echinopsis scopulicola est le cactus colonnaire bolivien quasiment inerme, connu familièrement sous le nom de colonnaire lisse de Bolivie ou simplement de Scopulicola. Le matériel type a été récolté par Friedrich Ritter en 1959 à Tapecua, province d’O’Connor, département de Tarija, Bolivie (numéro de terrain de Ritter FR991), puis décrit formellement l’année suivante sous le nom de Trichocereus scopulicola F.Ritter dans Cactus (Paris) n° 87 : 14 (1966). Roy Mottram a transféré la combinaison vers le genre Echinopsis dans Cactaceae Consensus Initiatives 2 : 8 (1997). L’épithète dérive du latin scopulus (falaise, rocher escarpé) et de -cola (habitant de), une référence aux versants rocheux des canyons de la province d’O’Connor que Ritter a documentés comme habitat d’origine.

Dans le commerce, l’espèce se reconnaît de façon constante à deux caractères : l’épiderme foncé et légèrement rugueux que les collectionneurs décrivent comme “grenu, comme du braille” (sanpedrosource.com), et l’absence quasi totale d’épines à l’âge adulte. La plupart des plantes matures portent au plus trois à six épines vestigiales par aréole, aucune ne dépassant 1,5 mm. Ces caractères la distinguent au premier coup d’œil de l’Echinopsis lageniformis vert bleuté à épines ambrées avec lequel POWO la synonymise actuellement, ainsi que de l’Echinopsis pachanoi à peau plus lisse et plus claire qui domine le commerce du San Pedro. Elle est fréquemment croisée avec ces deux espèces apparentées pour produire des cultivars de collection robustes.

La taxonomie est contestée. Kew POWO (2024) traite E. scopulicola comme synonyme hétérotypique de E. lageniformis (C.F.Forst.) H.Friedrich & G.D.Rowley, suivant la CITES Cactaceae Checklist de Hunt (3e édition, Kew, 2019) et la World Checklist of Vascular Plants (WCVP 2021). Cette encyclopédie maintient l’espèce comme distincte, suivant la combinaison de Mottram (1997) et les preuves morphologiques résumées dans la section Taxonomie ci-dessous.

Aucune population sauvage n’a été confirmée à Tapecua depuis la récolte de Ritter en 1959. Les sources spécialisées de collectionneurs (trichopedia.org ; trichocereus.net) notent de façon constante que les populations sauvages sont inconnues ou peut-être disparues, et que tout le matériel cultivé dans le monde provient du stock de graines FR991 diffusé par Hildegard Winter. Il s’agit d’une situation de conservation inhabituelle : un taxon bien établi en culture, dont la distinction morphologique est documentée par des cultivateurs spécialisés, mais peut-être sans équivalent sauvage subsistant à sa localité type. Les espèces apparentées Echinopsis peruviana et l’Echinopsis chiloensis chilienne partagent le même héritage Trichocereus et possèdent chacune leur propre profil de collection.

Entretien en un coup d’œil

Echinopsis scopulicola fiche express

Un cactus colonnaire des systèmes de vallées montagneuses de la province d’O’Connor, Tarija, Bolivie, originaire de versants rocheux entre 1 000 et 1 500 m sous un climat fortement saisonnier et un hiver sec marqué. Valeurs calibrées pour des plantes seed grown en culture, établies à partir des données d’habitat et de sources spécialisées dont trichocereus.net, sanpedrosource.com et trichopedia.org.

Exposition au soleil
Plein soleil ; trichocereus.net, sanpedrosource.com et trichopedia.org s’accordent tous sur ce point. En intérieur, il faut l’emplacement le plus lumineux possible ou un éclairage de culture d’appoint.
Arrosage
Régulier pendant la croissance active, du printemps au début de l’automne ; laisser le substrat sécher complètement entre deux arrosages. Le supprimer presque totalement en hiver ; l’association humidité-froid provoque la pourriture.
Substrat
Minéral et à drainage rapide : 50 % de pierre ponce, 30 % de granite décomposé, 20 % de substrat minéral pauvre pour cactées ; éclats de calcaire facultatifs à 5–10 %, reflétant la géologie calcaire du canyon du Pilaya.
Tolérance au froid
De brèves gelées jusqu’à −5°C sont tolérées à sec (trichocereus.net) ; les dégâts commencent en dessous de −1.1°C en conditions humides (sanpedrosource.com). Reproduire un repos hivernal sec est essentiel.
Contenant
Des pots profonds pour accueillir le système racinaire colonnaire. Les sujets élevés deviennent instables ; une plantation profonde et un tuteurage peuvent devenir nécessaires en hauteur.
Vitesse de croissance
Modérée à moyenne ; rapide pendant la saison de croissance chaude du printemps-été. Les retours de collectionneurs la placent systématiquement plus lente qu’Echinopsis pachanoi (guide comparatif sanpedrosource.com).
Difficulté. Intermédiaire ; substrat minéral, sécheresse hivernale et ensoleillement adéquat sont les trois impératifs non négociables. La pourriture liée à l’humidité et au froid est la principale cause d’échec.

Taxonomie et nomenclature

Le basionyme Trichocereus scopulicola F.Ritter a été publié dans Cactus (Paris) n° 87 : 14 (1966), à partir de la récolte de terrain de Ritter lui-même, FR991, à Tapecua, province d’O’Connor, département de Tarija, Bolivie (fiche IPNI 1001124-1, vérifiée le 2026-04-21). Friedrich Ritter (1898–1989) était le botaniste de terrain d’origine allemande qui a documenté une grande partie de la flore cactée sud-américaine au fil de ses expéditions des années 1950 à 1980 ; son ouvrage Kakteen in Südamerika vol. 2 (1980) fournit une redescription morphologique plus détaillée de l’espèce, bien que la priorité nomenclaturale revienne à la publication de 1966. Roy Mottram, rédacteur de Cactaceae Consensus Initiatives, a transféré la combinaison vers le genre Echinopsis dans le vol. 2 : 8 (1997) de cette même revue, produisant le binôme actuel.

Kew POWO (2024) traite Echinopsis scopulicola comme synonyme hétérotypique de Echinopsis lageniformis (C.F.Forst.) H.Friedrich & G.D.Rowley, suivant la CITES Cactaceae Checklist de Hunt (3e édition, Kew 2019) et la World Checklist of Vascular Plants (WCVP 2021). Cette synonymisation regroupe la plante de Tarija à tige étroite, quasi inerme et vert foncé, avec le taxon à tige plus large, à épines ambrées et vert bleuté, réparti sur quatre départements boliviens. La taxonomie de référence GBIF (fiche espèce 5621993) rattache de même scopulicola au concept lageniformis.

Cette encyclopédie maintient Echinopsis scopulicola comme distincte, suivant la combinaison de Mottram (1997). L’argument morphologique en faveur de cette distinction repose sur quatre caractères documentés de façon constante par des sources spécialisées indépendantes (trichopedia.org ; trichocereus.net ; sanpedrosource.com) : un port adulte quasi inerme (contre des épines ambrées bien définies de 0,1–7 cm chez lageniformis), un épiderme plus foncé et de texture rugueuse (contre un épiderme vert bleuté glauque chez lageniformis), un diamètre de tige plus étroit de 5–10 cm (contre 15–20 cm dans le concept large de POWO pour lageniformis, et un nombre de côtes réduit, centré sur cinq. La base de données Useful Tropical Plants s’appuyant sur Anderson (2001) donne pour E. lageniformis des tiges de 10–15 cm, ce qui appuie l’idée que le scopulicola à tige étroite ne s’intègre pas aisément dans le taxon élargi. Le lecteur a intérêt à connaître les deux positions : POWO les synonymise ; la littérature spécialisée de collectionneurs les maintient comme des plantes séparables.

Ritter lui-même considérait T. scopulicola comme proche de T. bridgesii (un synonyme de E. lageniformis) et peut-être une stabilisation d’hybride naturel plutôt qu’une espèce indépendante. L’hypothèse d’une domestication, qui circule dans la communauté spécialisée de collectionneurs (discussion du forum Shroomery 27761346 ; trichocereus.net), ajoute une strate supplémentaire : la réduction des épines, la teneur fiable en alcaloïdes et l’absence de populations sauvages confirmées à Tapecua concordent avec une sélection humaine de longue durée, ce qui compliquerait le concept d’espèce indépendamment de la nomenclature formelle. Trichocereus crassicostatus F.Ritter a été proposé comme synonyme possible par trichocereus.net ; POWO le répertorie séparément comme synonyme de E. lageniformis, et la relation avec scopulicola reste précisément non résolue. Les travaux phylogénétiques de Schlumpberger & Renner (American Journal of Botany 99(8) : 1335–1349, 2012) ont montré que Echinopsis s.l. n’est monophylétique à aucun des niveaux examinés, ce qui éclaire l’instabilité persistante des circonscriptions dans ce groupe sans résoudre la frontière spécifique entre scopulicola et lageniformis.

Synonymes historiques (12)

  • Cereus bridgesii Salm-Dyck, 1850 basionyme
  • Trichocereus scopulicola F.Ritter, 1966 synonyme homotypique
  • Cereus lageniformis C.F.Först., 1861 synonyme hétérotypique
  • Cereus bridgesii var. brevispinus K.Schum., 1897 synonyme hétérotypique
  • Cereus bridgesii var. lageniformis (C.F.Först.) K.Schum., 1897 synonyme hétérotypique
  • Cereus bridgesii var. longispinus C.A.Maass, 1905 synonyme hétérotypique
  • Cereus bridgesii f. brevispinus (K.Schum.) Schelle, 1907 synonyme hétérotypique
  • Cereus bridgesii f. lageniformis (C.F.Först.) Schelle, 1907 synonyme hétérotypique
  • Trichocereus bridgesii (Salm-Dyck) Britton & Rose, 1920 synonyme hétérotypique
  • Trichocereus bridgesii var. brevispinus Borg, 1937 synonyme hétérotypique
  • Trichocereus bridgesii var. longispinus (C.A.Maass) Borg, 1937 synonyme hétérotypique
  • Trichocereus crassicostatus F.Ritter, 1966 synonyme hétérotypique

Sources : POWO (Kew) · IPNI · GBIF · Wikidata

Habitat

La localité type, à Tapecua, province d’O’Connor, département de Tarija, Bolivie, se situe à environ 1 000–1 500 m d’altitude dans les systèmes de vallées montagneuses du sud de la Bolivie. La province d’O’Connor occupe la partie occidentale du département de Tarija, caractérisée par des vallées fluviales creusées par le Pilaya et ses affluents, des versants rocheux à affleurements de falaise à moyenne altitude, et une végétation mixte de transition entre le fourré sec intermontagnard de la marge du chaco et les éléments de forêt des Yungas en altitude. Trichopedia.org et trichocereus.net décrivent tous deux l’habitat d’origine comme des “versants rocheux et champs de blocs au sein de forêts montagnardes” ; l’épithète spécifique scopulicola (habitante des falaises) confirme l’observation même de Ritter sur le caractère de l’habitat.

La chimie du substrat à la localité type est calcaire. Le canyon du Pilaya, élément géographique déterminant de la province d’O’Connor, présente des parois calcaires (aroundus.com : “de hautes falaises calcaires forment les parois du canyon, révélant de multiples strates géologiques sur des kilomètres de paysage”). Une confirmation indépendante vient des relevés stratigraphiques de l’USGS pour la région de Tarija (Open-File Report 99-0050C), qui documentent des unités rocheuses carbonatées et calcaires, dont les formations calcaires de Vitiacua, Collasuyo, Copacabana et Caliza Sacta dans la séquence sédimentaire régionale. Cette combinaison de roche mère calcaire et de position sur versant rocheux à drainage vif se reflète directement dans le substrat de culture recommandé.

Le climat de la province d’O’Connor suit le schéma des vallées interandines de Bolivie : environ 500–900 mm de précipitations annuelles, fortement concentrées en été (saison humide de novembre à avril), avec un repos sec marqué de mai à octobre. Les températures nocturnes pendant la saison sèche peuvent descendre vers 0°C les nuits les plus froides aux altitudes de la localité type, ce qui concorde avec la tolérance au froid rapportée de −5°C à sec pour de brèves périodes. Aucune espèce associée n’est documentée dans la littérature botanique consultée pour la localité type de Tapecua ; aucune association n’est donc mentionnée ici.

Morphologie

Close view of Echinopsis
  scopulicola areoles and rib surface showing sunken rounded areoles with minimal wool, strong crease above
  each areole, and dark-green slightly rough epidermis.
Aréoles arrondies et enfoncées de 1–4 mm de large, avec très peu de laine blanche et un sillon marqué et diagnostique au-dessus de chaque aréole ; les plantes adultes portent au plus 3–6 épines de 1,5 mm ou moins.

E. scopulicola est un cactus colonnaire arborescent et dressé, atteignant jusqu’à 4 m à maturité. La ramification est peu fréquente ; la plupart des colonnes restent non ramifiées, produisant un port monotige, à l’inverse du candélabre très ramifié d’E. pachanoi. Le diamètre de la tige va de 5–10 cm (trichopedia.org ; trichocereus.net ; toutes deux citant la lignée cultivée FR991 issue des graines de Ritter), nettement plus étroit que le diamètre de 15–20 cm cité pour le concept large d’E. lageniformis selon Wikipedia et POWO. La couleur de l’épiderme est vert foncé, décrite de façon constante comme telle par les sources spécialisées ; la texture est distinctive, légèrement rugueuse et grenue au toucher. Sanpedrosource.com la caractérise comme “grenue, comme du braille” et la note comme l’un des séparateurs visuels les plus nets face à l’E. lageniformis.

Les côtes sont au nombre de 4–6, typiquement 5 (trichopedia.org ; trichocereus.net ; sanpedrosource.com s’accordent tous). Les côtes sont larges, émoussées et arrondies en profil, avec des sillons réguliers entre elles. Un sillon marqué apparaît directement au-dessus de chaque aréole (sanpedrosource.com), un caractère absent chez E. pachanoi où le sillon passe entre les aréoles, et non au-dessus. Aucune encoche en V n’est présente au-dessus des aréoles, ce qui distingue scopulicola du profil de côte encochée du pachanoi. Les aréoles sont très petites pour un Trichocereus colonnaire apparenté : 1–4 mm de long sur 1–2 mm de large, espacées de 15–30 mm le long de l’axe de la côte, avec très peu de laine blanche, et paraissant enfoncées ou bombées. Les aréoles florifères atteignent 4–5 mm de diamètre.

Le caractère des épines est le trait le plus diagnostique de la plante adulte. Les plantes matures portent 0–6 épines très courtes par aréole, de 1,5 mm maximum (trichopedia.org ; trichocereus.net ; concordance indépendante). Les jeunes plantes et les semis portent 7–14 épines fines en aiguille de 2–3 mm de long, dont une ou deux centrales ; cette expression juvénile des épines provoque une confusion avec les jeunes E. pachanoi, dont le scopulicola au stade semis se distingue par la morphologie inhabituelle des côtes et des aréoles fortement enfoncées. L’absence quasi totale d’épines à l’âge adulte reste le critère diagnostique le plus fiable à tous les stades de croissance au-delà du semis ; aucun autre colonnaire bolivien couramment commercialisé n’atteint ce degré de réduction des épines à l’âge adulte.

Les fleurs sont grandes, blanches, nocturnes, longues de 15–22 cm, en large forme d’entonnoir, émergeant d’aréoles quasi apicales et parfois d’aréoles situées plus bas sur la tige (trichopedia.org ; trichocereus.net). Les fleurs s’ouvrent au crépuscule et restent ouvertes jusqu’en fin de matinée. Le tube floral porte des poils noirs à bruns (sanpedrosource.com). Une fragrance est présente (trichocereus.net). L’espèce est autostérile ; une pollinisation croisée est nécessaire à la nouaison. Le fruit est vert, d’environ 6 cm de diamètre, décrit comme comestible et de saveur agréable par trichocereus.net. La chimie alcaloïdique du matériel FR991 (Tapecua, province d’O’Connor) a été établie par Ogunbodede, McCombs, Trout, Daley & Terry (Journal of Ethnopharmacology 131(2) : 356–362, 2010), qui ont mesuré la mescaline à 0,85 % du poids sec dans la couche chlorenchymateuse externe ; l’étude portait sur 14 taxons d’Echinopsis différents, avec des concentrations allant de 0,053 à 4,7 % du poids sec.

Détail de la localité

En tant que taxon distinct, E. scopulicola est restreinte au département de Tarija, plus précisément à la province d’O’Connor, dans le centre-sud de la Bolivie. La province occupe la partie occidentale du département de Tarija et se définit topographiquement par le bassin de la rivière Pilaya, un système de vallées montagneuses aux parois de canyon calcaires qui correspond à l’environnement de substrat calcaire documenté par Ritter pour l’espèce. Les repères sur la carte se situent aux centroïdes de niveau provincial ; les coordonnées GPS précises de la localité type à Tapecua ne sont pas publiées ici, conformément à la convention du site pour les espèces inscrites CITES à populations sauvages réduites ou incertaines.

Dans le cadre du concept large d’E. lageniformis accepté par POWO, l’aire de répartition du taxon s’étend sur les départements de La Paz, Cochabamba, Tarija et Chuquisaca, entre 1 000 et 3 300 m. La question pertinente pour la conservation est de savoir si des populations sauvages du morphotype scopulicola subsistent encore à Tapecua : les sources spécialisées rapportent de façon constante qu’aucune plante sauvage n’a été confirmée depuis la récolte FR991 de Ritter en 1959, et que tout le matériel cultivé dans le monde provient du stock de graines diffusé par Hildegard Winter à partir de cette seule récolte. Aucun relevé de terrain formel confirmant l’extinction locale ou la persistance à Tapecua n’a été publié dans les sources consultées.

Echinopsis
  scopulicola white nocturnal flower 15-22 cm across opening at dusk from a near-apical areole.
Grande fleur blanche nocturne de 15–22 cm de long ; le tube floral porte des poils caractéristiques noirs à bruns. Autostérile ; pollinisation croisée nécessaire à la nouaison.

Echinopsis scopulicola : soins et culture

E. scopulicola est un cactus colonnaire peu exigeant pour les cultivateurs qui respectent trois conditions : un substrat purement minéral à drainage rapide, le plein soleil et un repos hivernal sec. Le climat interandin bolivien fortement saisonnier de sa localité type, avec une saison de croissance estivale humide et un repos sec de mai à octobre, se traduit directement dans la pratique de culture. Le principal mode d’échec, comme chez tous les Trichocereus apparentés, est la pourriture racinaire causée par l’humidité par temps froid ou frais.

Substrat

Un substrat purement minéral fait consensus chez les collectionneurs (trichocereus.net ; sanpedrosource.com ; botanicohub.com). La localité type, dans le système de canyon du Pilaya, Tarija, Bolivie, repose sur une géologie calcaire confirmée (stratigraphie USGS OF-99-0050C de Tarija). Le ratio de culture canonique est de 35 % de pierre ponce, 20 % de roche volcanique, 5 % de zéolite, 25 % de gravillon de granite, 5 % d’éclats de calcaire et 10 % de lombricompost. Les éclats de calcaire reflètent la géologie calcaire du canyon ; la fraction de roche volcanique constitue l’agrégat structurel de drainage. La zéolite assure l’échange cationique et le tamponnement du pH au cycle d’arrosage estival. Maintenir la fraction organique à 10 % ou moins et laisser le mélange sécher complètement entre deux arrosages.

Ratio de substrat au sein du genre Echinopsis

Les cinq espèces colonnaires d’Echinopsis présentées sur ce site partagent la base 90/10 minéral-organique du genre ; les variations propres à chaque espèce reflètent la chimie du substrat à la localité type. E. chiloensis se distingue par 0 % de calcaire, reflétant la géologie granitique non calcaire de la cordillère côtière chilienne ; les quatre autres espèces andines portent une fraction modeste de 5 % de calcaire, issue d’apports alluviaux et de canyon.

EspècePierre ponceLaveZéoliteGraniteCalcaireSiliceMatière organique
E. chiloensis35%20%5%25%0%0%15%
E. cuzcoensis35%20%5%25%5%0%10%
E. pachanoi35%20%5%25%5%0%10%
E. scopulicola (cette page)35%20%5%25%5%0%10%
E. peruviana35%20%5%25%5%0%10%

Arrosage et lumière

N’arroser que lorsque le substrat est complètement sec, pendant la saison de croissance (du printemps au début de l’automne). Trichocereus.net décrit un arrosage tous les quelques jours pendant les étés chauds une fois le substrat entièrement sec, mais met en garde contre tout arrosage “par temps froid ou pluvieux car cela peut provoquer la pourriture”. Réduire à presque sec d’octobre à mars ; le climat d’origine à Tapecua présente une saison sèche marquée de mai à octobre, et les cultivateurs qui la reproduisent rapportent la meilleure croissance et la meilleure tolérance au froid. Les plantes en conditions humides ou fraîches perdent rapidement leur rusticité au froid.

Plein soleil selon toutes les sources (trichocereus.net ; sanpedrosource.com ; trichopedia.org). La culture en intérieur exige l’emplacement le plus lumineux possible ; un éclairage de culture d’appoint est recommandé par sanpedrosource.com pour les plantes cultivées sous verre. Aucune recommandation de mi-ombre n’a été documentée spécifiquement pour cette espèce.

Multiplication

Les boutures de tige s’enracinent facilement et constituent la méthode de multiplication standard dans le commerce. Tout le stock de graines en circulation provient de FR991, diffusé via les listes de graines de Hildegard Winter ; des graines sont occasionnellement disponibles auprès de fournisseurs spécialisés. L’espèce est autostérile ; une pollinisation croisée est nécessaire pour obtenir des graines viables (sanpedrosource.com). En tant que porte-greffe, scopulicola accepte facilement les greffes et est utilisé comme porte-greffe dans la communauté de collectionneurs (trichocereus.net). Les plantes seed grown expriment la pleine diversité génétique de FR991 ; le matériel issu de bouturage est génétiquement uniforme au sein d’une même lignée de bouture.

Comparaison

La principale question d’identification pour E. scopulicola est sa séparation d’avec E. lageniformis, traitée en détail dans la section FAQ ci-dessous avec un tableau de caractères. Le caractère quasi inerme à l’âge adulte est à lui seul le séparateur de terrain le plus rapide : les adultes de lageniformis portent invariablement des épines brun miel à ambrées de 0,1–7 cm de long, typiquement deux à six par aréole (Wikipedia ; cactusgrowguide.com). La combinaison du caractère des épines, de la couleur de l’épiderme (vert foncé et grenu contre vert bleuté et glauque) et du diamètre de tige plus étroit (5–10 cm contre la fourchette plus large de lageniformis) permet une séparation fiable sur toute plante adulte de provenance connue.

Les jeunes plantes posent davantage de difficultés d’identification. Le jeune scopulicola ressemble fortement au jeune E. pachanoi (trichocereus.net ; trichopedia.org ; toutes deux le notent explicitement). Au stade semis, les caractères distinctifs sont le nombre et le profil des côtes : le scopulicola porte 4–6 côtes larges et émoussées centrées sur 5, contre les 5–8 côtes plus nettement définies du pachanoi. Le sillon marqué au-dessus de chaque aréole, absent chez pachanoi (qui montre une encoche en V entre les aréoles plutôt qu’au-dessus), constitue la séparation structurelle la plus fiable à tout stade de croissance. L’épiderme vert foncé et grenu du scopulicola, contre la peau plus claire et plus lisse du pachanoi, est une confirmation secondaire.

Dans le commerce, la confusion entre scopulicola et E. lageniformis est aggravée par la synonymisation POWO elle-même : les plantes reçues comme “bridgesii” ou “lageniformis” peuvent porter ou non le morphotype scopulicola selon la source du vendeur. Sur du matériel de lignée FR991 à provenance documentée, le port adulte quasi inerme et l’épiderme vert foncé et grenu sont constants ; sur du matériel commercial non documenté, le caractère des épines reste le seul séparateur utilisable sur le terrain. Le E. cuzcoensis du bassin de l’Urubamba ne prête à aucune confusion : ses épines sombres bien plus longues et ses bases d’épines noueuses le distinguent au premier coup d’œil.

Questions fréquentes

Comment distinguer Echinopsis scopulicola d’Echinopsis lageniformis ?

POWO synonymise actuellement ces deux taxons en un seul. Dans la littérature de collectionneurs et de spécialistes, ils sont traités comme des plantes séparables ; c’est précisément leur ressemblance qui est à l’origine des erreurs d’identification. Parcourez le tableau de caractères ci-dessous pour comparer des sujets matures. Le caractère des épines est le critère diagnostique le plus fiable à tout stade de croissance adulte.

CaractèreEchinopsis scopulicolaEchinopsis lageniformis
Épines adultesQuasi inerme ; 0–6 par aréole, 1,5 mm maximumÉpines bien définies ; 2–6 par aréole, 0,1–7 cm, brun miel à ambré
Couleur de l’épidermeVert foncé lisseVert clair à bleuté ; glauque ou gris-bleu
Texture de l’épidermeLégèrement rugueuse, grenue (“comme du braille”)Surface plus lisse
Diamètre de la tige5–10 cm (description de Ritter ; sources spécialisées)15–20 cm (concept large de POWO) ; 10–15 cm (Anderson 2001 via tropical.theferns)
Taille de l’aréoleTrès petite ; 1–4 mm de long, enfoncée, très peu de lainePlus grande et plus marquée ; espacement des aréoles de 1,5–3 cm
Sillon de l’aréoleSillon marqué directement au-dessus de chaque aréoleAucun sillon distinctif au-dessus des aréoles rapporté
Nombre de côtes4–6, typiquement 5 ; larges et émoussées4–8, typiquement 5–7 ; fourchette plus large
Aire géographiqueDépartement de Tarija, seule province d’O’Connor (en tant que taxon distinct)La Paz, Cochabamba, Tarija, Chuquisaca ; 1 000–3 300 m (POWO)

Le caractère des épines reste, à lui seul, le critère diagnostique le plus fiable. Aucun adulte d’E. scopulicola de la lignée FR991 ne porte d’épines de plus de 1,5 mm ; aucun adulte d’E. lageniformis de la population des quatre départements n’est rapporté comme quasi inerme. Là où une perte d’épines peut survenir avec l’âge chez lageniformis, la combinaison de la couleur de l’épiderme (vert foncé contre vert bleuté) et du diamètre de tige (étroit contre trapu) fournit la distinction secondaire.

Echinopsis scopulicola est-elle la même espèce que Echinopsis lageniformis ?

Kew POWO (2024) les traite comme des synonymes, E. scopulicola étant intégré à E. lageniformis. Cette synonymisation suit la CITES Cactaceae Checklist de Hunt (3e édition, 2019) et la World Checklist of Vascular Plants (WCVP 2021). Les cultivateurs spécialisés et les bases de données de collectionneurs, dont trichopedia.org, trichocereus.net et sanpedrosource.com, les maintiennent distincts pour des raisons morphologiques : port adulte quasi inerme, épiderme plus foncé et grenu, et diamètre de tige plus étroit chez scopulicola. Cette encyclopédie suit la combinaison de Mottram (1997) qui reconnaît scopulicola comme distinct. Les deux positions sont sourcées ; le lecteur doit mettre en balance l’autorité botanique de POWO et les preuves morphologiques que documente la littérature de collectionneurs.

Echinopsis scopulicola est-elle difficile à cultiver ?

Pas particulièrement exigeante pour un cultivateur expérimenté. Les conditions requises sont un substrat minéral à drainage rapide, le plein soleil et un repos hivernal quasi sec ; ce sont là des standards pour les cactus colonnaires interandins boliviens. La tolérance au froid atteint environ −5°C à sec pour de brèves périodes (trichocereus.net), les dégâts commençant en dessous de −1.1°C si le substrat est humide (sanpedrosource.com). Le seul mode d’échec fiable est la pourriture racinaire liée à l’humidité et au froid. Les cultivateurs qui reproduisent le climat bolivien fortement saisonnier, été humide et hiver sec, ne rapportent pas de difficultés majeures.

Où pousse Echinopsis scopulicola à l’état sauvage ?

Originaire du département de Tarija, province d’O’Connor, Bolivie. La localité type est Tapecua, où Ritter a récolté le matériel FR991 en 1959, à environ 1 000–1 500 m, sur des versants rocheux et des champs de blocs en fourré montagnard. Le système de canyon du Pilaya qui draine la province d’O’Connor présente des parois calcaires qui correspondent aux exigences de substrat calcaire de l’espèce. Aucune population sauvage n’a été confirmée depuis la récolte FR991 de 1959 ; tout le matériel cultivé dans le monde provient de cette seule récolte de graines. L’espèce ne subsiste peut-être plus qu’en culture.

Quelle est la vitesse de croissance d’Echinopsis scopulicola ?

Modérée à moyenne. Le guide de terrain de sanpedrosource.com oppose explicitement le scopulicola, à “croissance moyenne”, au pachanoi, à “croissance rapide”. La croissance s’accélère nettement pendant la saison chaude de printemps-été, lorsque les températures sont élevées et l’arrosage régulier ; aucun chiffre en cm par an n’a été publié dans la littérature spécialisée. La plupart des sujets cultivés restent sous les 2 m pendant de nombreuses années. La tige plus étroite et l’origine plus sèche de Tarija concordent avec un rythme plus mesuré que celui des colonnaires andins rapides.

Quand Echinopsis scopulicola fleurit-elle, et à quoi ressemblent ses fleurs ?

Les fleurs sont blanches, grandes (15–22 cm de long), nocturnes et parfumées, émergeant d’aréoles quasi apicales (trichopedia.org ; trichocereus.net). Le tube floral porte des poils noirs à bruns (sanpedrosource.com). En culture dans l’hémisphère nord, la floraison intervient généralement en été, lorsque les températures sont élevées et les conditions de croissance optimales ; les fleurs s’ouvrent au crépuscule et restent ouvertes jusqu’en fin de matinée le lendemain. L’espèce est autostérile ; une pollinisation croisée est nécessaire à la nouaison.

Sources et pour aller plus loin

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